Les légumes pour un jardin provençal

La Méditerranée est une terre propice au jardinage de fruits et légumes gorgés de soleil, riches en vitamines et anti-oxydants. Néanmoins, réussir son potager méditerranéen repose essentiellement sur le choix de variétés locales ou adaptées à ce climat instable et capricieux. Pour préserver au maximum vos plantations de la sécheresse, des vents violents et apprivoiser un sol pauvre en nutriments, il faut connaître et respecter un certain nombre de pratiques culturales.

Voici toutes nos astuces pour réussir votre carré potager aux accents du Sud !

Quels légumes planter ?

L’ensoleillement et les fortes températures du Sud permettent de cultiver de nombreux légumes, mais plus tôt et plus tard en saison que dans d’autres régions. De plus, plusieurs paramètres sont à prendre en compte : des précipitations irrégulières d’une année à l’autre, de forts écarts de température entre la journée et la nuit ainsi que des vents violents.

Au printemps et en automne, les températures se font plus douces et permettent ainsi de cultiver davantage d’espèces exotiques que dans les autres régions de France.

Les légumes-fruits, une valeur sûre

Les légumes fruits sont particulièrement adaptés à ce type de climat. Il s’agit de tous les légumes du soleil, éternels représentants des potagers du Sud : toutes les espèces de tomates, poivrons, piments ou aubergines mûrissent en se nourrissant des rayons du soleil.

Mais si vous souhaitez innover, c’est l’occasion de planter des espèces plus exotiques comme :

  • L’avocat,
  • La cacahuète,
  • La coqueret du Pérou,
  • Le gombo ou la chayote, petits légumes verts venant des Antilles,
  • L’igname, ce tubercule cultivé dans les régions tropicales,
  • Le fruit à pain, issu de l’arbre à pain et qui se consomme comme un légume,
  • Les dachines, un tubercule allongé proche de la patate douce.

Les cucurbitacées sont tout aussi adaptés à ce climat ensoleillé : melons, pastèques, toutes les variétés de courges, courgettes et concombres, ainsi que les légumes à fèves comme le haricot et les petits pois.

Les légumes-racines, en conservant l’humidité

Certains légumes-racines sont relativement tolérants au climat Méditerranéen, à condition de conserver la fraîcheur du sol. Bien qu’il n’existe pas vraiment de variétés locales, on peut y faire pousser toutes sortes de carottes, panais, pommes de terre, patates douce, navets…

Toutes les espèces à bulbes s’y plaisent aussi très bien, avec quelques variétés locales comme l’oignon jaune des Cévennes, l’oignon rouge de Toulouges, l’ail rose de Lautrec, l’échalote grise…

Les légumes-feuilles, avec précaution

Les légumes-feuilles sont les plus sensibles à la chaleur et à la sécheresse. Il faut donc privilégier des variétés locales résistantes, comme :

  • La Kraganer Sommer,
  • La laitue « Rougette de Montpellier »,
  • La Batavia « Rouge Grenobloise »,
  • La Romaine « Craquerelle du Midi »

En revanche, toutes les espèces d’épinards et de blettes sont peu recommandées, ou alors pour une culture automnale et hivernale. Privilégiez plutôt l’artichaut, dont le feuillage argenté et résistant réfléchit la chaleur du soleil !

Pour résumer et pour être certain de ne pas vous tromper lors du choix des variétés : fiez-vous au nom !

Préserver et entretenir son potager : les bonnes pratiques

En proie à la sécheresse, des orages et des vents violents en été et à des hivers doux mais venteux, le climat méditerranéen est relativement instable. Par cette nature, le sol est souvent érodé, sec et pauvre en nutriments.

Pour éviter ce sol trop aride, différentes solutions existent pour enrichir la terre :

  • Semer des engrais verts en automne, qui permettront de limiter l’érosion du sol et apportera de nombreux nutriments à la terre.
  • En complément, vous pouvez créer un apport de matières organiques avec un fumier ou un compost : en relançant l’activité micro-organique sol, il sera bien plus fertile et retiendra mieux l’eau.

La gestion de l’eau

Pour gérer la bonne répartition de l’eau, vous pouvez mettre en place un système de récupération d’eau de pluie, en disposant plusieurs tonneaux aux endroits stratégiques. Non seulement vous réaliserez des économies sur votre consommation, mais vous offrirez un arrosage de qualité pour nourrir votre potager, car l’eau de pluie est plus douce que celle du robinet. Comptez 6 litres par m² de potager minimum.

Il convient également de « biner » régulièrement le sol, c’est-à-dire en casser la croûte pour éliminer les petites mauvaises herbes et économiser l’arrosage. En cassant la surface, vous facilitez ainsi la pénétration de l’eau jusqu’aux racines et permettez une meilleure aération du sol. Le binage se réalise au printemps et en été, 1 à 2 jours après une grosse pluie ou un bon arrosage, dès que de la croûte se forme à la surface de la terre.

En complément et pour éviter cette tâche répétitive, réaliser un paillage multiplie les avantages. En couvrant le sol avec des végétaux ou des minéraux (écorces, feuilles, résidus séchés), elle protège le sol de l’érosion et conserve ainsi l’humidité de la terre. De plus, le paillis empêche le vent de s’engouffrer et ralenti la pousse des mauvaises herbes.

Certaines espèces sensibles comme les légumes-feuilles, doivent être protégées de la sécheresse : veillez à leur apporter suffisamment d’ombrage en été !

Enfin, pour contrer les vents violents, vous pouvez installer des haies autour de votre potager, face aux courants dominants. En l’absence de paillage, vous pouvez également renforcer les plants avec des tuteurs.

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